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Leaders de la sécurité communautaire

Don Wadel, leader de la sécurité communautaire

Lorsque Don Wadel reviendra sur sa carrière dans les services correctionnels et à la Société John-Howard, il se rappellera sans doute les tragédies en même temps que les triomphes. Comme Don vous le dira, quiconque œuvre dans le même domaine que lui reste marqué par de tels incidents et en ressort avec une détermination accrue de préserver la sécurité des collectivités.

La carrière de Don a débuté en Alberta en 1974, où, travaillant comme gardien de prison, il établissait des programmes au centre correctionnel de Calgary. En 1986, il s’est joint à la Société John-Howard d’Ottawa en tant que directeur général. Un an plus tôt, Celia Ruygrok, jeune employée d’une maison de transition, avait été brutalement assassinée par un résident. Cette tragédie frappa la Société John-Howard droit au cœur. Déjà confrontée à plusieurs défis internes, dont le moral peu élevé des employés et un fort taux de roulement du personnel, l’organisation avait besoin d’une bouée de sauvetage. Or, cette bouée de sauvetage, ce fut Don.

S’attelant immédiatement à la tâche, Don a bâti un organisme qui s’est hissé aux tout premiers rangs au Canada, d’abord en fournissant des services aux contrevenants et ex-contrevenants, puis, plus récemment, aux femmes, aux filles et aux personnes aux prises avec des difficultés mentales. Sous sa direction, l’organisme en est venu à jouer un rôle de chef de file grâce à l’élaboration d’une série de programmes à l’intention des citoyens les plus vulnérables de la ville. Ce faisant, Don a contribué à prévenir les comportements criminels et a aidé d’anciens contrevenants à devenir des citoyens respectables.

Un des principaux projets, mis en place en 2000, consiste à fournir un logement aux ex-contrevenants et aux détenus en liberté conditionnelle qui se trouvent sans abri. Pourquoi? Comme Don vous le dira, pour que la réinsertion sociale soit couronnée de succès, il faut que les personnes à risque demeurent stables et en sécurité, et qu’elles continuent de respecter la loi. Auparavant, l’organisme avait du mal à trouver des logements où les ex-contrevenants seraient acceptés et à offrir une surveillance appropriée. Aujourd’hui, il existe six résidences. L’environnement est sécuritaire. Le personnel offre du soutien, transmet des compétences essentielles et s’occupe des problèmes de consommation abusive d’alcool et d’autres drogues ainsi que de santé mentale. Il s’agit d’un changement d’orientation qui a grandement amélioré les relations avec la police, les organismes sociaux et les autres membres de la collectivité.

Au cours de ses 25 années à la barre de la Société John-Howard d’Ottawa, il a fait de la recherche et de l’évaluation des éléments clés du travail de l’organisme. Il a mis en place des outils qui permettent de jeter un regard plus critique sur les besoins des clients, et de réagir aux phénomènes qui constituent des facteurs de risque pour eux. En adoptant de nouvelles pratiques fondées sur la recherche, il a contribué à changer les méthodes de travail de ses employés et réduit les risques pour la collectivité. Comme Don le dit lui-même : « Nos méthodes fonctionnent. Nous en avons la preuve tous les jours. »

Pour ce qui concerne l’organisme, il a réussi à bâtir une équipe d’employés loyaux et su créer une atmosphère où leurs opinions sont accueillies et respectées. Fiez-vous à l’un des membres de son équipe, qui affirme : « Don est sans conteste la raison pour laquelle je demeure ici. Je me considère très chanceux de profiter d’un tel leadership et son exemple est pour moi gage de possibilités et de promesses. »

Don a également tissé des liens solides avec la collectivité. En fait, une de ses grandes forces réside dans sa capacité de bâtir des ponts. Il s’est employé à attacher son organisme à différentes causes portant sur la sécurité communautaire. Ainsi, la Société John-Howard travaille auprès de personnes ayant vécu des traumatismes et des tragédies, notamment des femmes, des enfants et les plus vulnérables de la société. Il a aussi tissé des liens plus étroits avec la police, les groupes communautaires et les organismes sociaux.

Par son leadership, Don a contribué à faire de la sensibilisation et à cimenter la réputation de la Société John-Howard comme partenaire important dans la création de collectivités plus sûres et plus saines.

Qu’est-ce qui motive Don? Selon les personnes qui le connaissent le mieux, il croit dans la valeur du travail et dans son absolue nécessité. Il possède aussi une confiance inébranlable dans la valeur de tous les êtres humains, peu importe leur origine ou leurs antécédents. C’est pourquoi il se concentre sur ce qu’ils sont capables d’accomplir pour eux-mêmes, leur famille et leur collectivité.

Si vous posez la question à Don, il vous dira que ce n’est pas à lui que la Société John-Howard doit son succès, mais aux personnes incroyables qui composent son personnel et son conseil d’administration. Au sujet de ce dernier, il souligne sa grande vision, son engagement et sa compétence professionnelle. Il s’estime aussi béni de pouvoir compter sur une équipe de talent qui est bien informée et qui s’emploie à nourrir de solides relations avec la police, les agents de probation et de libération conditionnelle ainsi que la collectivité afin de garder les personnes à risque dans le droit chemin.

Toutefois, comme le dit un membre du conseil d’administration : « Il est difficile d’imaginer comment nous aurions pu embaucher un meilleur directeur général, et il est difficile d’imaginer quelqu’un de plus méritant pour ce prix. »

Abid Jan, chef de file en sécurité communautaire

En 2004, Abid Jan accepte de relever un énorme défi. Tandis qu’il travaille au Centre de santé communautaire du sud-est d’Ottawa, on lui demande de piloter une formation en leadership communautaire. Le problème, c’est que personne ne s’y inscrit. Abid s’interroge et découvre rapidement que les membres de sa communauté sont terrorisés par les bandes de rues et la violence qui sévit dans leur quartier.

Abid décide alors qu’il est temps de passer à l’action. Il fait des recherches sur les modèles de prévention du crime et de participation communautaire qui ont fait leurs preuves aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans d’autres pays, puis, avec l’aide de membres de son voisinage, il crée Aucune communauté laissée de côté. Ce programme innovateur favorise la planification du développement social dans les quartiers afin de réduire, voire de prévenir, les crimes violents, la consommation de drogues et les activités des bandes de rue dans les secteurs où le taux de criminalité est élevé.

Le programme se fonde sur un modèle de collaboration entre les résidents et la police, les fournisseurs de services, le personnel de la Ville ainsi que les conseillers municipaux afin de résoudre des difficultés relevées par la communauté. Il fait l’objet d’un projet-pilote dans le quartier Banff-Ledbury, tandis qu’on entreprend un processus d’intervention communautaire pour comprendre la situation et y faire face.

Première étape : un sondage d’évaluation par lequel on demande aux résidents de déterminer les atouts de leur communauté ainsi que de proposer des solutions aux problèmes qui touchent leur quartier. Des policiers collaborent au processus dès le début en vue d’établir un climat de confiance. Par ailleurs, on propose des séances d’information publiques auxquelles participent des fournisseurs de services et des membres de la communauté afin de présenter les ressources disponibles. Des dîners multiculturels, qui ont lieu une fois par semaine, visent à briser la glace et à tisser des liens entre les habitants du quartier.

Le programme est offert dans le quartier Banff-Ledbury depuis 2005, et les résultats sont remarquables. Une de ses principales réussites est d’avoir amené des gens qui avaient toujours été réticents à s’impliquer socialement à participer. Le programme a aussi renforcé la confiance et créé des liens entre les citoyens et les policiers. Ces derniers, qui se sont fait connaître en maintenant l’ordre et en appliquant la loi, ont pu, grâce à la collaboration accrue des membres de la communauté, mettre fin aux activités de certains des individus responsables d’un grand nombre d’actes criminels dans le quartier et du coup, calmer la peur des citoyens.

En 2006, on a implanté le programme Aucune communauté laissée de côté dans les quartiers Heatherington, Confederation Court et Russell Heights. Après avoir constaté le succès du processus de mobilisation communautaire de ce modèle, la Ville d’Ottawa l’intègre à son Cadre de développement communautaire.

Armand Kayolo, leader de la sécurité communautaire

Armand Kayolo est un homme connu pour écouter avec ses oreilles, ses yeux et son coeur. C’est une qualité qui lui vaut le respect et l’admiration de ses collègues depuis son entrée en fonction, en 2003. Dans un secteur comme Overbrook, la tâche n’est pas simple. Ce quartier formé de résidents à faible revenu auquel Armand offre ses services compte sa part de défis à relever, notamment en ce qui concerne la pauvreté, la santé mentale, le commerce du sexe, la toxicomanie, l’intimidation et la violence.

À son arrivée, Armand a constaté que les gens ne se connaissaient pas et n’avaient aucune confiance les uns dans les autres, ni même dans la police. Le complexe d’habitation communautaire de la rue Donald connaissait un nombre beaucoup trop grand de problèmes. Les résidents, souvent isolés, vivaient dans la peur. On y faisait aussi face à des obstacles. Par exemple, dans bien des cas, les néo-Canadiens et les membres des autres groupes vulnérables ne voulaient pas ou ne pouvaient pas demander de l’aide.

Armand a su voir l’occasion de changer les choses dans le Cadre de développement communautaire de la Ville d’Ottawa et en a profité. En collaboration avec des partenaires et des résidents de la collectivité, il a élaboré un plan d’action en vue de régler les problèmes les plus importants. Il s’est employé sans relâche à bâtir des ponts entre les résidents, la police et les fournisseurs de services communautaires.

Grâce à sa direction empreinte de douceur et à sa démarche empathique et bienveillante, Armand a pu établir des rapports personnels avec les résidents, gagner leur confiance et faire en sorte qu’ils fassent confiance à la police et aux autres fournisseurs de services. Il a élaboré des stratégies de communication et mis sur pied des initiatives visant à ressembler les gens. Il a notamment organisé des activités communautaires et des ateliers sur la production des déclarations de revenus.

Le résultat? Une collectivité plus sûre et plus humaine, une réduction des tensions et des conflits, et une plus grande collaboration entre les résidents et la police.

Armand a eu un impact tout aussi grand dans son milieu de travail. Il est un mentor pour son personnel et un véritable exemple de leadership désintéressé. Il est le premier à dire qu’il ne croit pas dans les récompenses personnelles, que ce prix appartient à l’ensemble de son équipe. C’est parce qu’Armand croit fermement dans la « collectivité ». Ce qui compte le plus pour lui, c’est d’aider « une personne à la fois, une famille à la fois » afin de renforcer la collectivité.

C’est cette même collectivité qui s’est réunie pour soumettre la candidature d’Armand à ce prix, non pas une ni deux, mais bien quatre fois, accompagnée des signatures de résidents. La reconnaissance collective dont Armand fait l’objet montre à quel point sa présence est appréciée.

À son sujet, la directrice générale de qui Armand relève a déclaré : « C’est un vrai cadeau que de compter Armand dans notre collectivité. »

Walter Piovesan, leader de la sécurité communautaire

Walter Piovesan nourrissait un rêve, et 27 ans durant, il s’est acharné à le réaliser. Selon lui, dans un monde idéal, tous les enfants de la ville devaient se réveiller le matin avec la ferme conviction que l’école était un lieu sécuritaire, remplie de gens en qui ils pouvaient avoir confiance et qui les respectaient pour ce qu’ils étaient. Pourquoi? Parce que pour Walter, les écoles sont le cœur de la communauté.

En fait, il sait que les problèmes qui commencent à l’école finissent par avoir une incidence sur son environnement. Lorsqu’on répond aux besoins d’un enfant et que ce même enfant se sent bien ancré dans sa communauté, les risques qu’il adopte un comportement délinquant ou qu’il trempe dans des activités criminelles diminuent radicalement.

À titre de surintendant de l’enseignement, responsable du programme Safe Schools de l’Ottawa Carleton District School Board, Walter a travaillé à combler les besoins de nos jeunes ainsi qu’à rapprocher les écoles et leurs élèves de leurs communautés.

Walter a joué le rôle d’élément moteur dans le cadre de plusieurs initiatives et programmes récents qui ont contribué à améliorer la sécurité communautaire aux quatre coins de la ville. Il a agi comme catalyseur dans la mise en œuvre des stratégies de « pratiques réparatrices » et de « résolutions de conflits interculturels » dans bon nombre d’écoles. Ces programmes offrent aux élèves de niveau secondaire et intermédiaire les outils nécessaires pour résoudre les conflits de façon productive avant qu’ils ne dégénèrent en actes violents.

Il travaille avec passion à faire de nos écoles et de nos communautés des lieux plus inclusifs et plus accueillants. Il a soutenu la formation en compétence culturelle pour les enseignants, les administrateurs et le personnel, ainsi que pour les partenaires communautaires comme le Service de police d’Ottawa. Il a également piloté le programme de visites de la police dans les écoles dans le cadre duquel des officiers sont affectés aux établissements les plus à risque afin d’en améliorer la sécurité et de redorer l’image de la police au sein de la communauté en général. 

Et ce n’est pas tout! L’intimidation occupe une grande place dans sa démarche, tout comme le besoin d’insuffler des valeurs visant à former le caractère, à réduire le comportement agressif et à favoriser les décisions sécuritaires et sanitaires. Il a mis en place une programmation novatrice afin de resserrer les liens que les jeunes – spécialement les jeunes à risque – entretiennent avec leur communauté.

S’il a œuvré avec amour, il l’a fait avec la collaboration de plusieurs autres personnes dévouées. Son travail vise à rendre les quartiers plus sécuritaires en mettant à profit les partenariats et les ressources pour que soit adoptée une approche proactive. Il a tissé des partenariats avec des experts en counseling ainsi que des fournisseurs de soins de santé et de soins dentaires afin d’offrir aux enfants un meilleur accès aux services essentiels. Il a collaboré avec le Club des garçons et filles dans le but d’établir des programmes parascolaires, il a travaillé avec Prévention du crime Ottawa sur le problème des gangs de rues, et il a aidé à mettre sur pied un programme de maternelle à temps plein pour l’Ottawa Inuit Children’s Centre visant à aider ces enfants à renouer avec leur langue et leur culture. Il a collaboré avec la police et des agences communautaires. Toutefois, il sera le premier à soutenir qu’il ne peut à lui seul s’attribuer le mérite d’avoir influencé de façon positive la vie de 65 000 élèves.

La préoccupation première de Walter? Le bien-être des enfants! Après tout, ils y ont droit! Et lorsqu’il regarde le chemin qui l’a mené d’une salle de classe au bureau du surintendant, il sourit. « Je ne pourrais rêver d’un travail plus satisfaisant », affirme-t-il.