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Bénévoles

John Reeder, bénévole

À sa retraite, après avoir œuvré plus de 30 ans comme enseignant au niveau secondaire, John Reeder se lance immédiatement dans une deuxième carrière : bénévole dans sa communauté. Or, une activité en particulier fera naître chez lui une véritable passion pour la sécurité communautaire et la prévention du crime.

En juin 2007, la candidature de John comme bénévole au CPC Somerset du Service de police d’Ottawa est acceptée. Depuis, il y travaille par bloc de quatre heures, au moins une fois par semaine. Il accueille les gens qui viennent au centre pour se renseigner sur les initiatives de prévention du crime ou sur des questions liées aux forces de l’ordre. John manifeste aussitôt de l’intérêt pour la philosophie des services de police communautaires et offre d’aider le CPC Somerset à communiquer avec les membres de la communauté afin de les sensibiliser davantage à la prévention du crime et à la sécurité tout en sollicitant leur participation.

John souhaite créer un site Web pour le CPC Somerset. Il se fixe pour objectif de démontrer que les initiatives de partenariat entre la communauté et les forces de l’ordre sont très efficaces et qu’un centre de police communautaire donne des résultats d’une grande portée. John essaie également de « mettre en valeur l’être humain qui se cache derrière l’uniforme ».

Mis en ligne en janvier 2008, le site Web devient vite populaire : le nombre d’appels de fichiers qu’on y enregistre par mois passe rapidement de 300 à plus de 4 000. Le site a considérablement aidé le CPC Somerset à sensibiliser la population à la prévention du crime tout en lui fournissant de l’information 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Véritable mine de ressources, de photos et d’images, le site invite les membres de la communauté à mieux connaître les agents de police qui s’efforcent de réduire la criminalité et de rendre les quartiers plus sécuritaires.

Le site Web doit largement son succès au fait que John arrive à trouver des renseignements et des dossiers pertinents sur la sécurité communautaire et à les présenter de façon à susciter l’intérêt du public. Non seulement le site informe-t-il les résidents sur ce qui se passe dans leur communauté, mais il leur permet aussi de comprendre que des gens ordinaires peuvent intervenir pour changer les choses dans leur voisinage. Il donne aux résidents accès à d’importantes ressources, les aide à mieux s’identifier aux agents de police communautaires et leur montre qu’ils ne sont pas seuls à se préoccuper de leur quartier ou à vouloir qu’il soit plus sécuritaire.

Afin de s’assurer que la communauté soit bien renseignée sur les questions de sécurité et pour que le site Web gagne en popularité, John produit, sous la direction du constable Nathan Hœdeman, un bulletin mensuel pour le CPC Somerset. Ce bulletin est distribué à plus de 200 membres de la communauté qui collaborent activement à la prévention du crime et à la sécurité communautaire. John réussit toujours à trouver l’angle parfait pour accrocher ses lecteurs, si bien que leur nombre ne cesse d’augmenter tout comme la participation de sa communauté à la prévention du crime.

Chris et Lisa Grinham, bénévoles

Que feriez-vous si votre collectivité était littéralement jonchée de seringues usagées, de condoms et de pipes à crack? Quelle serait votre réaction si un enfant de votre rue tombait sur une aiguille contaminée? Comment vous sentiriez-vous en voyant une petite fille subir les ravages des médicaments contre le sida et l’hépatite C après avoir été accidentellement piquée par une aiguille souillée?

Pour Chris et Lisa Grinham de Lowertown, cette situation était devenue intolérable. En 2006, après avoir réalisé que personne n’intervenait vraiment dans leur communauté contre les problèmes de toxicomanie, d’infractions mineures et d’aiguilles usagées abandonnées dans un lieu public, ils fondent Safer Ottawa. Ils se mettent donc à exercer des pressions pour pousser le conseil municipal, le service de police et le gouvernement provincial à agir. Ils luttent avec acharnement afin que les questions de sécurité publique – qui étaient, à leur avis, grandement négligées – soient prises en charge. Ils réussissent à obtenir de l’aide pour se procurer les outils nécessaires à la collecte et à l’élimination sécuritaire des aiguilles souillées et autres accessoires utilisés pour l’usage de drogues, dont des gants en Kevlar résistant aux perforations et des contenants pour la collecte des articles biodangereux.

Chaque soir après leur journée de travail et chaque week-end, Chris et Lisa ratissent les rues de la Basse-Ville, consacrant 35 heures par semaine pour photographier et répertorier tous les accessoires relatifs à la consommation de drogues qu’ils trouvent et les inscrire en ligne. « Plus nous en trouvions, plus nous étions inquiets », commente Chris. Certains jours, ils ramassent jusqu’à 120 aiguilles, parfois à proximité des écoles et des garderies. Ils sont stupéfaits de constater que la Ville fournit des aiguilles, sans avoir prévu un système de collecte. Ils se rendent à l’hôtel de Ville avec des seaux remplis afin de démontrer que l’inaction de la Ville est inacceptable.

Ils réussissent à attirer l’attention du maire Larry O’Brien ainsi que des conseillers municipaux Georges Bédard, Shad Quadri, Bob Monette et Eli El-Chantiry. De plus, ils trouvent un allié précieux : le docteur Isra Levy, médecin chef en santé publique. Par ailleurs, grâce à l’appui du chef de police Vern White, ils développent une méthode perfectionnée leur permettant de localiser les endroits où l’on consomme de la drogue et de mettre en évidence les problèmes qui en découlent.

Chris et Lisa font également pression en faveur de l’éducation en matière de santé publique et de campagnes de sensibilisation sur la réduction des préjudices auprès de toxicomanes dans des lieux d’échange de seringues. Leur travail incite la Ville à créer un système intégré d’intervention. Aujourd’hui, les patrouilles de chasse aux seringues trouvent de moins en moins d’aiguilles, et la Ville répond immédiatement aux appels concernant leur collecte.

La vie de Chris et de Lisa a changé drastiquement le jour où ils ont décidé de faire de leur voisinage un lieu plus sécuritaire tant pour leur fils et leurs amis que pour de parfaits étrangers. Ils se penchent maintenant sur d’autres causes communautaires, mais ils continuent à plaider pour l’établissement de programmes visant à aider les toxicomanes à se libérer de leur dépendance.

Leur récompense? Pouvoir marcher dans la rue et savoir que les enfants de leur quartier sont en sécurité. Et si leur histoire peut inspirer leurs concitoyens à s’impliquer, ils seront ravis! Pour eux, ce prix ne leur appartient pas. Il rappelle simplement ce qui peut être réalisé lorsqu’on décide de ne pas fermer les yeux, d’attaquer un problème de front et de mobiliser les ressources et le soutien nécessaires pour changer les choses.